Depuis fin 2024, on prête beaucoup de choses à Andromeda. Un moteur qui « lit » tes vidéos comme un humain. Qui fait l'enchère. Qui rend le ciblage inutile.
Meta a publié assez pour faire le tri. Cette page sépare ce que Meta écrit de ce que les praticiens supposent. Puis elle passe au concret : combien de créas, combien de visages, quelle structure de compte.
Meta Andromeda, c'est quoi exactement
Andromeda est le système de présélection des pubs de Meta. Meta Engineering l'a présenté le 2 décembre 2024, dans un billet technique. Il tournait déjà sur Facebook et Instagram.
La diffusion d'une pub se fait en plusieurs étapes :
- La présélection (retrieval). Pour chaque personne, le système part de l'énorme stock de pubs éligibles et n'en garde qu'une courte liste. C'est le travail d'Andromeda.
- Le classement (ranking). Des modèles plus lourds estiment la valeur de chaque pub de la liste, pour la personne et pour l'annonceur. Meta cite par exemple son modèle GEM.
- L'enchère. La pub qui gagne a la plus haute valeur totale : ton enchère, la probabilité que la personne fasse l'action visée, et la qualité de la pub.
Andromeda ne fait donc ni le classement ni l'enchère. Il décide quelles pubs ont une chance d'y arriver. Pour cette étape, Meta Engineering annonce +6 % de recall (la présélection retrouve plus de pubs pertinentes) et +8 % de qualité des pubs sur certains segments.
Une image : Netflix. Avant d'ordonner une rangée de films pour toi, il faut choisir lesquels y entrent. Andromeda fait ce premier tri, pour les pubs. Si ta pub n'entre pas dans la liste, elle ne va pas plus loin pour cette personne, quelle que soit ton enchère.
Ce qu'Andromeda n'est pas
| Ce qu'on lit souvent | Ce que Meta publie |
|---|---|
| Andromeda fait l'enchère | Non. L'enchère vient après, avec ses trois composantes. |
| Andromeda classe les pubs | Non. Meta décrit des modèles de classement distincts, qui viennent après la présélection. |
| Andromeda « lit » tes vidéos comme un humain | Meta ne publie pas la liste de ce qu'il regarde. Il dit que son système de pubs regroupe celles qui partagent des attributs visuels et thématiques. |
| Andromeda a sa propre phase d'apprentissage | Non. La phase d'apprentissage concerne tes ensembles de pubs. |
| Le ciblage ne sert plus à rien | Meta dit que le système cherche la bonne audience pour chaque message. Tu fixes toujours les contraintes réelles : pays, âge. |
Ce qu'Andromeda change pour tes créas
Ce que Meta dit
Le 16 décembre 2025, Meta a publié Demystifying Creative Diversification. Quatre idées à retenir :
- Andromeda ne laisse passer que les créas les plus pertinentes et les plus distinctes. Distinctes, c'est le mot important.
- Les pubs qui se ressemblent sont regroupées. Le système analyse les créas, regroupe celles qui partagent des attributs visuels et thématiques clés, et les traite comme des variantes d'une même créa. Ce qu'il apprend et optimise se partage alors au niveau de la créa, pas seulement de chaque pub.
- Itérer n'est pas diversifier. Itérer, c'est garder le même visuel et changer seulement le texte d'appel à l'action. Diversifier, c'est produire des créas différentes par l'image, le message, le format et la personne visée. L'exemple de Meta : une pub Reels pensée pour la génération Z et, à côté, une Partnership Ad avec un créateur qui parle aux jeunes mamans.
- Le système cherche une audience pour chaque message. Meta écrit qu'il est conçu pour trouver la bonne audience pour chaque message différent. C'est le sens de la formule qu'on lit partout : ta créa fait une partie de ton ciblage.
Même logique que Tinder. Tu fixes l'âge et la distance. Pour le reste, tes swipes en disent plus long que n'importe quel formulaire. Le ciblage large, c'est pareil : tu fixes le pays et l'âge, les réactions des gens à tes créas font le reste.
Ce que les praticiens supposent
À notre connaissance, Meta ne publie pas la liste de ce qu'il regarde dans une créa. Ce qui suit vient des praticiens, nous compris. Ce sont des hypothèses, pas de la documentation :
- la personne à l'écran : âge apparent, style, façon de parler ;
- le décor : salle de bain, voiture, bureau, extérieur ;
- le format : face caméra, démo produit, avant-après, statique avec du texte ;
- ce qui est dit et écrit : l'accroche, le problème posé, le texte à l'écran ;
- les premières secondes, qui décident si quelqu'un s'arrête de scroller.
Une chose est documentée, en revanche. Dans son aide sur les enchères, Meta explique que la probabilité d'action et la qualité de la pub mesurent sa pertinence. Une pub plus pertinente pour une personne peut battre une pub qui enchérit plus haut.
Un nouveau visage vaut-il un nouveau concept ?
C'est la question qui compte pour nous. Réponse courte : Meta ne tranche pas.
Ce qu'on sait. Meta regroupe les pubs qui partagent des attributs visuels et thématiques. Changer de visage change le visuel. Le thème, lui, reste le même. Où passe la limite entre variante et nouvelle créa ? Elle n'est pas publiée.
Ce qu'on sait aussi. Dans l'en-tête d'une Partnership Ad, on voit le compte du créateur, celui de la marque, ou les deux. Selon l'aide Meta, ces pubs utilisent les signaux des deux comptes pour un meilleur classement. Une Partnership Ad portée par un autre créateur arrive donc avec un autre compte, et d'autres signaux. Attention : Meta parle de classement, pas de présélection. Ne lui fais pas dire plus. Si tu découvres le format, tout est dans notre guide des Partnership Ads Meta.
Notre pari. Un même concept, porté par un autre visage, dans un autre décor, avec une autre voix, a de bonnes chances d'être traité comme une créa distincte. Le même visage avec trois accroches différentes, beaucoup moins. C'est pour ça qu'on parle de visages autant que de concepts.
À quoi ça ressemble
Un exemple fictif, pour fixer les idées. Une marque de gourdes isothermes a un concept qui marche : « mon café est encore chaud en fin de journée ».
- Version A : une infirmière en blouse, dans sa voiture avant sa garde. Vidéo face caméra.
- Version B : un étudiant à la bibliothèque. Même phrase, en statique, avec le texte en gros sur la photo.
- Version C : un père qui attend devant l'école. Vidéo en plan large, voix off.
Même idée, trois personnes, trois décors, deux formats. Chaque version parle à une persona différente, ce qui colle à la définition que Meta donne de la diversification. Reste à savoir si le système y voit trois créas ou trois variantes d'une même créa : Meta ne le dit pas.
Combien de créas, combien de profils
Meta ne donne pas de nombre total de créas. Il donne un repère pour les Partnership Ads : au moins 30 % de tes créas, en plus de tes pubs habituelles. C'est dans son livre blanc du 7 octobre 2026, Together creates better. Des créas, pas du budget.
Pour le reste, raisonne en grille plutôt qu'en volume :
- Les concepts : les angles vraiment différents. Le problème posé, la personne visée, le moment de vie.
- Les visages : les personnes qui portent chaque concept.
- Les formats : statique et vidéo. Pas l'un ou l'autre.
Exemple de calcul, pas une norme : 4 concepts, chacun porté par 3 visages, chacun en statique et en vidéo. Ça fait 24 créas. Si 8 d'entre elles sont des Partnership Ads, tu passes les 30 %.
Pour les profils, une règle de départ simple. Quand un concept marche, fais-le porter par au moins deux autres visages avant d'écrire un nouveau concept. Le script existe déjà, seule la personne change. Et tu sauras si c'est l'idée qui marche, ou la personne.
Ne mise pas tout sur la vidéo. Meta parle de diversifier le texte, l'image et la vidéo. Un concept qui n'existe qu'en vidéo, c'est une porte d'entrée au lieu de deux. Les formats courants, et leur version statique :
| Format | Ce qu'il montre | Version statique |
|---|---|---|
| Face caméra | Une personne qui raconte son problème, chez elle | Sa photo et sa phrase en gros |
| Démo problème et solution | Le geste et le résultat | Un avant-après |
| Témoignage client | Une vraie situation d'usage | Une photo d'usage et l'avis en texte |
| Comparatif | Ton produit contre l'alternative | Deux colonnes, une seule différence |
| Histoire du fondateur | Pourquoi la marque existe | Plus dur : le récit passe mieux en vidéo |
Pour juger tes créas sans te raconter d'histoires, la méthode est dans notre guide des tests créatifs sur Meta.
La structure de compte à garder
En une phrase : peu de campagnes, beaucoup de créas variées. Le détail en sept points.
- Une campagne par objectif réel. Une campagne de ventes pour vendre. Tu en ouvres une autre seulement si quelque chose change vraiment : un autre marché, l'événement d'optimisation, un produit avec une marge très différente. Pour plusieurs langues, Meta conseille plutôt de les régler dans un seul ensemble.
- Regroupe les ensembles qui se marchent dessus. Meta l'écrit dans son aide sur la fragmentation : trois ensembles qui découpent la même audience par centres d'intérêt peuvent faire moins bien qu'un seul ensemble élargi. Chacun obtient moins de résultats et peut rester plus longtemps en apprentissage. Pour lire tes résultats par âge ou par pays, utilise les répartitions des rapports, pas des ensembles séparés.
- Laisse l'audience large. Garde les vraies contraintes : pays, langue, âge légal. Laisse ta créa dire à qui elle parle.
- Mets le budget au niveau de la campagne dès que tu as plusieurs ensembles. Une campagne de ventes est considérée comme Advantage+ quand elle utilise le budget de campagne Advantage+, l'audience Advantage+ (dans au moins un ensemble) et les placements Advantage+ (Meta for Developers, juin 2025). Les campagnes de shopping Advantage+ (ASC) s'appellent désormais « campagnes de ventes Advantage+ ».
- Mets tes Partnership Ads avec tes pubs habituelles. Le livre blanc de Meta est net : ne les fais pas tourner seules. Mets-les dans le même ensemble que tes pubs habituelles, ou dans un ensemble à part de la même campagne, avec le budget de campagne Advantage+. La diffusion peut alors s'adapter selon que la personne réagit mieux à la marque ou au créateur.
- Beaucoup de créas variées, peu de pubs actives à la fois. Voir l'encadré plus haut.
- Laisse apprendre. Selon l'aide Meta, un ensemble sort de l'apprentissage quand il diffuse de façon stable, en général après assez de résultats dans la semaine qui suit sa dernière modification importante. Pendant cette phase, il est moins stable et son CPA est en général plus élevé. Ne le juge pas trop tôt.
5 choses à faire cette semaine
- Compte tes campagnes et tes ensembles. Note ceux qui visent le même objectif avec des audiences proches. Ce sont les premiers à regrouper.
- Trie tes pubs actives par idée, pas par nom. Combien sont des variantes d'un même visuel avec un autre texte ? Meta risque de les traiter comme des variantes d'une même créa.
- Prends ton meilleur concept des trois derniers mois. Fais-le porter par deux autres visages, en statique et en vidéo.
- Calcule ta part de Partnership Ads dans tes créas actives. Sous 30 %, c'est ton prochain chantier. Vérifie aussi qu'elles tournent avec tes pubs habituelles, pas dans une campagne à part.
- Prépare ton prochain lot de créas et ajoute-le en une fois. Puis laisse l'ensemble apprendre avant de juger.
Pourquoi on mise sur les Partnership Ads
Les Partnership Ads cochent les deux cases de cette page : un autre visage à l'écran, un autre compte dans l'en-tête. Et Meta publie des chiffres. Selon ses données reprises par eMarketer en décembre 2025, les Partnership Ads affichent en moyenne −19 % de CPA et +13 % de CTR. Son livre blanc d'octobre 2026 précise le cadre : mêlées à tes pubs habituelles, elles peuvent faire mieux que tes pubs habituelles seules. Et il donne un repère : au moins 30 % des créas en Partnership Ads.
Le problème, c'est l'avant. Tes UGC, tu les paies plus de 100 € la créa. Trouver les bons créateurs prend du temps. Chaque nouveau visage veut dire un nouveau brief et un nouveau tournage : l'itération est lente. Et le setup des Partnership Ads, entre permissions et droits, en décourage plus d'un.
La plateforme Gang4 simplifie ça. Les créas UGC sont gratuites et illimitées, en statique comme en vidéo. Elles sont incarnées par de vrais profils déjà reliés, diffusées en Partnership Ads, et uploadées dans ton Business Manager en 1 clic. Pas de droit à l'image à négocier ni de token Meta à gérer : chaque membre a déjà signé son droit à l'image pour la marque. Un concept qui marche change de visage sans repartir de zéro. Voir comment ça marche.